La fiche de poste d'un agent de sécurité : ce qu'elle doit contenir pour être utile
Une fiche de poste qui dort dans un tiroir ne sert à personne. Celle qui reste utile se lit en cinq minutes avant la première nuit, se retrouve en un geste et dit clairement ce que l'agent fait, où, à quels moments et jusqu'où. Voici ce qu'il vaut la peine d'y mettre, et ce qu'on peut laisser ailleurs.
L'objet
Un document pour l'agent, pas pour le classeur.
On confond souvent la fiche de poste avec le contrat ou avec la consigne de site. Le contrat fixe le cadre de l'engagement. La consigne détaille la conduite à tenir sur un lieu précis. La fiche de poste fait le lien : elle décrit la place que l'agent occupe, ce qu'on attend de lui et à qui il s'adresse.
Le lecteur est un agent qui arrive sur un site, parfois en remplacement, parfois de nuit. Tout ce qui l'oblige à chercher ou à deviner affaiblit la fiche. Une page ou deux suffisent, rédigées en phrases courtes.
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Les missions
Dire ce qui est attendu, dans l'ordre d'importance.
La liste des missions est le cœur du document. Quatre à six lignes, pas davantage : surveiller les accès, effectuer les rondes, contrôler les entrées, tenir la main courante, accueillir une équipe d'intervention. Chaque ligne commence par un verbe et décrit une action observable.
Mieux vaut classer ces missions du plus important au moins important. Un agent débordé sait alors ce qu'il traite en premier. Si une mission n'a lieu qu'à certains moments, l'heure ou l'événement déclencheur figure sur la même ligne.
Le cadre
Le lieu, les horaires, la tenue, le matériel.
Les informations pratiques évitent les premiers malentendus : adresse exacte et accès à l'arrivée, horaires du poste et de la relève, tenue attendue, matériel remis (lampe, radio, téléphone, trousseau, badge) et lieu où il se récupère et se rend.
On y joint un plan simple du site avec les entrées, les issues de secours et les points de ronde. Un croquis à main levée vaut mieux qu'un plan d'architecte illisible.
Les contacts
Qui appeler, dans quel ordre, à quelle heure.
La fiche donne une liste courte de personnes : le responsable de la société, le contact du client, le chef d'équipe, et les numéros d'urgence. Pour chacun, elle précise ce qui justifie l'appel et à quelles heures il est joignable.
Un numéro sans indication d'usage oblige l'agent à décider seul de qui réveiller. Un ordre d'appel écrit à l'avance lui retire ce doute au moment où il en a le moins besoin.
Les limites
Écrire ce que l'agent ne fait pas.
La partie la plus négligée est aussi la plus protectrice. Elle dit où s'arrête le poste : ce que l'agent constate sans le traiter, ce qu'il signale sans intervenir, ce qui revient au client ou aux services d'urgence.
Ces limites protègent l'agent contre les demandes improvisées, et le client contre les attentes floues. Elles se rédigent avec le client et se relisent avec lui, au lieu de se déduire plus tard d'un incident.
Les traces
Ce qu'il faut consigner, et où.
La fiche indique ce que l'agent écrit pendant son poste, sur quel support et à quel moment : main courante, rapport de ronde, rapport de fin de nuit, signalement d'un fait. Elle renvoie vers les modèles existants plutôt que de les recopier.
Elle dit aussi à qui chaque trace est remise. Une information consignée mais jamais lue ne protège personne, et l'agent qui le comprend écrit plus volontiers.
Un exemple
À quoi ressemble une fiche qui se lit en cinq minutes.
Prenons un poste de nuit dans un entrepôt. En tête, la date et le nom de la personne qui tient la fiche. Puis cinq missions : contrôler l'accès du portail, effectuer quatre rondes, vérifier les quais, consigner chaque passage, appeler le responsable en cas de porte ouverte. Puis les horaires, la tenue, le matériel remis et le plan du site.
Viennent ensuite trois contacts avec l'heure à laquelle ils sont joignables, et trois lignes de limites : l'agent ne manipule pas la marchandise, ne désactive pas l'alarme sans accord du responsable et ne laisse entrer personne qui ne figure pas sur la liste du jour. Tout cela tient sur une page et demie, et un remplaçant le comprend avant de commencer sa première ronde.
Ce qui fait la valeur d'un tel document, c'est qu'il répond d'avance aux questions que l'agent se pose à trois heures du matin : que dois-je faire, qui puis-je appeler, et qu'est-ce qui n'est pas de mon ressort.
Les erreurs courantes
Ce qui rend une fiche inutilisable.
Trois défauts reviennent souvent. Le premier est la fiche trop générale, qui pourrait s'appliquer à n'importe quel site et n'apprend donc rien sur celui-ci. Le deuxième est la fiche trop longue, où la mission importante se perd parmi des détails d'archives. Le troisième est la fiche périmée, qui cite un contact parti ou un horaire modifié : l'agent finit par ne plus lui faire confiance.
Un quatrième défaut est plus discret : la fiche écrite sans l'agent. Celui qui tient le poste connaît les angles morts, les portes capricieuses et les habitudes du client. Lui demander ce qui manque à la fiche, après un mois, est la façon la plus simple de l'améliorer.
La vie du document
Une date, un auteur, une relecture.
Une fiche de poste vieillit vite : un horaire change, un contact part, une porte est condamnée. En tête de page, on note la date de la dernière mise à jour et le nom de celui qui la tient à jour. L'agent signale ce qui ne correspond plus à la réalité, et la correction se fait dans les jours qui suivent.
Une relecture à intervalle fixe, par exemple une fois par trimestre, suffit pour la plupart des sites. Quant à la remise de la fiche, elle se confirme par une signature ou un accusé de lecture, ce qui ferme la boucle sans alourdir la démarche.
Dans l'outil
Garder la fiche à portée de main.
Une version papier au poste est utile. Une version numérique, consultable depuis le téléphone, l'est encore davantage, car elle suit l'agent qui change de site. Quel que soit le support, la règle est la même : une seule version en vigueur, retrouvée en moins d'une minute.
Cet article propose des repères d'organisation. Le contenu exact d'une fiche dépend du site, de la société et de ce que le contrat prévoit ; en cas de doute, la rédaction se fait avec le responsable concerné.
Pour la conduite à tenir sur un site précis, un article voisin du blog détaille la consigne de poste ; un autre traite de la passation de service. Pour voir comment une agence tient ses fiches et ses consignes à portée des agents, la présentation se trouve sur ShieldOne.
Questions fréquentes
Questions fréquentes sur la fiche de poste d'un agent de sécurité.
Quelle longueur doit avoir une fiche de poste ?
Une à deux pages. Au-delà, l'agent ne la relit plus : le détail propre au site se place dans la consigne de poste.
Quelle différence avec la consigne de poste ?
La fiche décrit le rôle et son cadre. La consigne décrit la conduite à tenir sur un lieu donné, avec ses procédures et ses cas particuliers.
Faut-il une fiche par site ou par agent ?
En général une par poste, c'est-à-dire par site et par type de service. Elle s'applique à chaque agent qui occupe ce poste.
Qui rédige et met à jour la fiche ?
Le responsable de la société, avec l'avis des agents qui tiennent le poste et du contact du client. Une personne est nommée pour la tenir à jour.
Comment savoir que l'agent l'a lue ?
Par un accusé de lecture daté, signé sur papier ou confirmé dans l'outil. Un échange de quelques minutes à la prise de poste complète utilement ce geste.
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