Calculer la marge d'un contrat de gardiennage
Une agence peut être occupée toute l'année et gagner peu : il suffit que deux ou trois contrats soient en dessous de leur coût, et que personne ne le sache. La marge d'un contrat de gardiennage n'est pas difficile à calculer ; elle est difficile à calculer juste, parce que ses deux termes ne vivent pas au même endroit et ne se mesurent pas avec la même certitude.
Les termes
Deux chiffres, et aucun des deux n'est évident.
La recette se dérive des vacations réellement tenues : un taux horaire de poste, des heures, un effectif, et les majorations imputables au client. Elle ne se confond pas avec ce qui a été facturé, ni avec ce qui a été encaissé — trois chiffres différents, dont un seul entre en trésorerie.
Le coût se dérive des mêmes vacations, mais du côté salarial : taux de l'agent, majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés, puis tout ce qui ne dépend pas de la vacation — charges employeur, temps non facturable, encadrement.
La difficulté tient à ce que les deux termes n'ont pas la même fiabilité. Les heures sont solides : elles viennent de pointages horodatés. Les taux de charges viennent d'ailleurs. Et une marge dont un terme est estimé reste une estimation, quelle que soit la précision de l'autre.
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La recette
Ce qu'un logiciel dérive, et ce qu'il ne facture pas tout seul.
Dans ShieldOne, chaque vacation porte son statut de facturation dès sa création — sous contrat, ponctuelle, ou non facturable — et les lignes de facture se dérivent des vacations tenues, avec le taux horaire du poste.
Deux propriétés méritent d'être connues, parce qu'elles évitent des erreurs silencieuses. D'abord, un poste dont le taux est absent ne produit jamais une ligne à 0.00 : il est compté et nommé à part. Une ligne à zéro se lit « offert » ; un poste sans taux est un oubli de configuration, et les deux n'appellent pas le même geste.
Ensuite, la dérivation n'émet rien. Le manager relit les lignes et décide d'émettre : c'est l'émission qui engage, pose un numéro dans une séquence continue et produit la QR-facture. Un outil qui facturerait seul enverrait tôt ou tard une facture que personne n'a relue.
Le coût
Coût marginal et coût complet ne sont pas le même chiffre.
Le coût qu'un planning peut afficher est un coût marginal : ce que cette vacation-là ajoute. Heures multipliées par le taux de l'agent, plus les majorations qu'elle déclenche.
Ce qu'il n'intègre pas, et c'est écrit dans l'outil plutôt que tu : ni les suppléments contractuels ni les indemnités, qui sont mensuels ; ni le franchissement du seuil hebdomadaire, qui dépend de la semaine entière et pas d'une vacation isolée ; ni la part fixe d'un collaborateur mensualisé, qui est due que la vacation existe ou non.
Un chiffre supplémentaire compte : quand un taux manque, le coût affiché est précédé d'un signe qui dit qu'il est un plancher, pas un montant. Un coût partiel présenté comme complet est ce qui fait signer un contrat en dessous de son prix.
La décision
Pourquoi la marge complète n'est pas affichée sur le planning.
C'est un choix, et il mérite d'être expliqué parce qu'il va contre l'attente naturelle. L'écran qui montre le coût d'une vacation n'affiche pas sa marge.
La raison est qu'une marge affichée à cet endroit serait fausse plus souvent que juste : il y manque les charges employeur, le temps non facturable et la part fixe des mensualisés. Un pourcentage affiché sous une vacation aurait l'autorité d'un calcul et la valeur d'une intuition — et un responsable prendrait des décisions d'affectation dessus.
La règle générale que suit le produit est la même pour tous ses chiffres d'argent : quand un terme n'est pas mesuré, il n'affiche pas un résultat diminué, il dit que la donnée manque et lequel des deux termes manque. Une donnée qu'on n'a pas mesurée ne vaut pas zéro ; et une marge calculée avec un terme absent ne vaut pas une marge basse, elle ne vaut rien.
Le piège
Trois montants d'urgence qui ne se mélangent jamais.
Combler un trou de dernière minute fait apparaître jusqu'à trois montants, et les confondre fausse la marge dans les deux sens.
La prime versée à l'agent est une dépense : elle sort. La prime notée — celle qu'on enregistre pour mémoire sans rien verser — n'est ni une dépense ni une recette : elle ne bouge rien. La majoration imputable au client est la seule qui entre en recette.
Une agence qui additionne les deux premières surestime son coût et croit perdre de l'argent sur un contrat sain. Une agence qui compte la troisième sans la première croit gagner sur une urgence qui lui a coûté. C'est pour cette raison que les trois sont tenus séparément dans le produit, et qu'aucun écran ne les additionne.
La méthode
Établir une marge qu'on peut défendre en réunion.
Un. Prendre un contrat et un mois réel, pas un mois moyen. Relever les heures tenues sur ce site, ventilées par nature.
Deux. Calculer la recette du mois à partir du taux de poste convenu — celui du contrat, pas celui de la grille commerciale.
Trois. Calculer le coût salarial des mêmes heures, majorations comprises, puis y ajouter les charges employeur avec les taux communiqués par les caisses de l'agence.
Quatre. Ajouter la part de temps non facturable et d'encadrement imputable à ce contrat. C'est l'étape qu'on saute, et c'est celle qui fait basculer les contrats limites.
Cinq. Refaire le calcul un mois où la répartition des vacations diffère. Un contrat majoritairement de nuit, ou qui tombe souvent un dimanche, n'a pas la marge de son mois calme.
Le chiffre obtenu est une marge engagée tant que la facture n'est pas encaissée. Ce n'est pas une nuance comptable : un contrat rentable dont les factures traînent ne finance pas les salaires du mois suivant.
La recette dérivée des vacations tenues et le coût des mêmes heures viennent de la même donnée, saisie une fois : la présentation complète de la plateforme se trouve sur ShieldOne, le logiciel de gestion pour agences de sécurité en Suisse — planning, pointage, rondes, préparation de la paie et facturation dans le même outil.
Questions fréquentes
Ce qu'on nous demande sur la marge d'un contrat.
Le logiciel affiche-t-il la marge de chaque contrat ?
Non, et c'est assumé. Il donne les deux termes — la recette dérivée des vacations tenues et le coût salarial des mêmes heures — mais il n'affiche pas de marge sur le planning : il y manque les charges employeur, le temps non facturable et la part fixe des mensualisés. Un pourcentage faux affiché à cet endroit ferait prendre de mauvaises décisions d'affectation.
Que se passe-t-il si un poste n'a pas de taux horaire ?
Il n'est jamais facturé à 0.00. Le poste est compté et nommé à part, et le coût affiché est précédé d'un signe indiquant qu'il s'agit d'un plancher. Une ligne à zéro se lirait « offert » — ce qui est une décision commerciale, pas un oubli de configuration.
Marge engagée ou marge réalisée ?
Les deux existent et ne se confondent pas. La marge engagée repose sur ce qui est facturé ; la marge réalisée sur ce qui est encaissé. Un contrat peut afficher une bonne marge engagée et poser un problème de trésorerie. Seul l'encaissé finance les salaires.
Faut-il facturer une majoration sur une vacation d'urgence ?
C'est une décision commerciale, et elle se distingue de la prime versée à l'agent. Les deux montants sont tenus séparément : l'un sort, l'autre entre, et aucun écran ne les additionne. Les confondre fait croire à une perte sur un contrat sain, ou à un gain sur une urgence coûteuse.
Démonstration
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