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Article · Pratiques de terrain

Main courante numérique : ce qu'une société de sécurité doit y consigner

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Une main courante vaut ce qu'on y écrit. Le support, papier ou écran, compte moins que le choix des faits retenus : trop peu, et l'écrit ne dit rien le jour où l'on en a besoin ; trop, et personne ne le relit. Ce qui suit propose une liste de ce qu'une société de sécurité privée gagne à consigner à chaque poste, avec la forme que prend chaque entrée. Pour la valeur de preuve de l'écrit électronique et la durée de conservation, un autre article de ce blog détaille le sujet.

Le principe

Consigner ce qui sera demandé plus tard.

La question utile n'est pas « que s'est-il passé ? » mais « que voudra-t-on savoir dans trois semaines ? ». Un client demande pourquoi une alarme a sonné un mardi. Un collègue reprend le poste et doit savoir ce qui a été promis au locataire du deuxième. Un responsable d'agence prépare un entretien avec un agent. Dans chaque cas, la réponse tient dans une ligne écrite à l'heure des faits, ou n'existe pas.

Une bonne entrée répond à quatre questions : quand, où, quoi, et qu'a fait l'agent. Le reste est du confort. Une main courante qui tient ces quatre réponses sur chaque ligne est déjà plus solide qu'un long récit rédigé le lendemain.

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L'ouverture

La prise et la fin de poste.

Chaque poste commence et finit par une ligne. À l'ouverture : nom de l'agent, site, heure d'arrivée, nom de l'agent relevé et ce qu'il a transmis. À la clôture : heure de départ, nom du remplaçant, faits restés ouverts. Ces deux lignes servent à situer qui était responsable à chaque minute, ce qui est la première question posée après tout incident.

On y ajoute l'état du site à l'arrivée si quelque chose cloche : porte trouvée ouverte, éclairage éteint, matériel manquant, consigne du client modifiée dans la journée. Écrire « rien à signaler » reste un renseignement, à condition qu'il soit daté : il établit que le site a été regardé.

Les rondes

Les passages, et surtout les écarts.

Chaque ronde se consigne avec son heure de début et de fin. Les passages qui se déroulent comme prévu n'ont pas besoin d'un commentaire. Ce qui mérite une ligne, ce sont les écarts : point non contrôlé et son motif, parcours modifié, ronde interrompue par un appel, ronde décalée parce qu'un camion bloquait le quai.

Un point manqué sans explication est la pire entrée possible. Une ronde non faite reste non faite ; elle s'écrit avec la raison, sans la maquiller. C'est cette honnêteté qui rend crédibles toutes les autres lignes. Le plan de rondes lui-même est traité dans un article séparé ; la main courante en garde le résultat.

Les accès

Qui est entré, qui est sorti, avec quelle autorisation.

Les entrées et sorties hors du flux normal se notent : visiteur hors horaires, livreur, artisan, représentant du client, véhicule sur le site. Pour chacun, l'heure, l'identité telle qu'elle a été vérifiée, l'entreprise, la raison annoncée et la personne qui l'a autorisé. Le détail des justificatifs relève des règles de protection des données de la société : on consigne ce qui sert à l'objectif de contrôle, pas davantage.

Une clé remise, un badge prêté, un code communiqué s'inscrivent aussi, avec leur retour. Beaucoup de litiges sur un vol commencent par « qui avait la clé à ce moment-là ? », et la réponse se trouve rarement ailleurs.

Les incidents

Décrire ce qui a été vu, puis ce qui a été fait.

Un incident s'écrit en deux temps. D'abord le constat, sans jugement : « vitre brisée côté ouest, éclats à l'intérieur, aucune personne visible ». Ensuite les actes de l'agent, dans l'ordre : personnes prévenues et à quelle heure, mesures de protection, arrivée des secours ou de la police, consigne reçue. « Cambriolage » ou « négligence du locataire » sont des conclusions ; elles n'appartiennent pas à l'agent.

La photo accompagne le texte quand elle clarifie, avec un but précis et une durée de conservation connue. Un incident important donne en général lieu à un rapport distinct ; la main courante en garde la trace et le renvoi, afin que la chronologie du poste reste complète.

Les échanges

Appels, consignes reçues et décisions du client.

Tout ce qui modifie ce que l'agent doit faire se consigne : appel du client, nouvelle consigne orale, autorisation exceptionnelle, dérogation à un accès, demande de ne pas intervenir. On y note l'heure, l'interlocuteur et le contenu. Une consigne donnée au téléphone et non écrite sera contestée, dans un sens ou dans l'autre.

Même principe pour les appels sortants : centrale, astreinte, police, pompiers, concierge. L'heure de l'appel, la personne jointe et la réponse reçue forment la preuve que l'alerte a été donnée. Si personne ne répond, on l'écrit aussi, avec les tentatives suivantes.

Le matériel

Défauts, pannes et fournitures du poste.

Une lampe défaillante, un radio déchargée, un détecteur couvert, un véhicule de ronde en panne ou un local technique laissé ouvert se signalent dans la main courante. Ces lignes paraissent mineures. Elles deviennent décisives lorsqu'un incident survient à l'endroit du défaut, et montrent que l'agent avait déjà alerté. La remise de matériel d'un agent à l'autre s'y consigne aussi.

Ce qu'on omet

Ce qui n'a pas sa place dans une main courante.

Trois catégories sont à éviter. Les opinions et rumeurs sur des personnes : ce que l'agent n'a pas vu ni entendu lui-même ne s'écrit pas comme un fait. Les données sensibles sans rapport avec la mission, comme l'état de santé d'un occupant en dehors d'une urgence. Les détails personnels des agents ou de tiers qui n'apportent rien au contrôle.

La main courante est lue par plusieurs personnes, et peut l'être par d'autres que prévu. Écrire comme si le client, le collègue suivant et le responsable d'agence la lisaient ensemble est la meilleure règle de tri.

La forme

Des champs courts et deux phrases.

Sur un téléphone, à trois heures du matin, personne ne rédige un paragraphe. Un gabarit court fonctionne : site, heure, catégorie (accès, ronde, incident, appel, matériel, consigne), une ou deux phrases. Des catégories fixes permettent ensuite de retrouver tous les incidents d'un site ou tous les accès d'une période, ce qu'un cahier ne permet pas facilement.

Une correction s'ajoute par une nouvelle ligne datée qui renvoie à la première, au lieu de réécrire. La société peut former ses agents à ce réflexe avec cinq exemples tirés de ses propres sites, plus efficace qu'une page de règles.

Une main courante partagée entre agents, avec catégories, horodatage et recherche par site, se présente sur la page d'accueil de ShieldOne, où l'on peut demander une présentation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur le contenu d'une main courante.

Faut-il écrire « rien à signaler » ?

Oui, avec l'heure. Cette ligne montre que le site a été contrôlé à ce moment-là, ce qui compte autant qu'un incident.

Que faire d'une ronde non effectuée ?

L'écrire avec son motif. Une ronde manquée sans explication affaiblit toutes les autres entrées.

Qui rédige les conclusions d'un incident ?

Pas l'agent. Il consigne ce qu'il a vu et fait ; l'analyse revient au responsable ou au client.

Faut-il noter les consignes données au téléphone ?

Oui, avec l'heure et l'interlocuteur. Une consigne orale non écrite sera difficile à établir ensuite.

Comment corriger une entrée erronée ?

Par une nouvelle ligne datée qui renvoie à la première, sans réécrire l'ancienne.

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