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Guide · Régies et PPE · Genève, Vaud, Valais

Régies et copropriétés : quand faire appel à une société de sécurité en Suisse romande ?

Rondes de nuit, immeuble vide exposé aux squats, nuisances, parkings : ce qu'un agent privé peut faire (et ne peut pas faire), les règles à connaître, et comment comparer les offres sans perdre de temps.

  • Publié le
  • Lecture : 9 min
  • Par l'équipe ShieldOne
Illustration : résidence d'habitation de nuit avec l'entrée d'un parking souterrain fermée par une barrière ; une silhouette de gardien stylisée, vue de dos, éclaire la rampe avec sa lampe.

Réponse courte

Une régie ou une PPE fait appel à une société de sécurité lorsqu'un problème est récurrent ou prévisible : intrusions dans les caves ou le garage, immeuble vide en attente de travaux, rassemblements et dégradations, besoin de rondes de nuit régulières. En cas de danger ou d'infraction en cours, on appelle d'abord la police au 117.

Un agent privé n'a pas de pouvoirs de police : il surveille, contrôle les accès, rapporte et alerte. Choisissez une entreprise autorisée par le canton (concordat CES), décrivez précisément le besoin et comparez plusieurs offres écrites établies sur le même cahier des charges.

Quand une régie ou une PPE doit-elle faire appel à une société de sécurité ?

La concierge, une bonne serrure et un éclairage suffisant règlent beaucoup de choses. Une société de sécurité devient utile quand le problème revient, quand il se produit la nuit, ou quand il faut une présence régulière et une trace écrite de ce qui a été constaté. Le concordat romand sur les entreprises de sécurité vise justement la surveillance et la garde de biens immobiliers exercées pour des tiers, sous contrat de mandat.

Schéma : en cas de danger ou d'infraction en cours, appeler d'abord la police au 117. Puis quatre situations : rondes de nuit (caves, parties communes, portes, éclairage) avec un mandat régulier et des rapports datés ; immeuble vide ou en travaux exposé au risque de squat, avec des passages préventifs et le contrôle des accès ; nuisances et incivilités, avec une présence visible et un signalement à la régie ; parkings et garages, avec des rondes ciblées et la levée de doute.
Quatre situations typiques d'un immeuble et la réponse qu'une société de sécurité peut apporter. Schéma illustratif.

Rondes de nuit dans les parties communes

Caves forcées, portes d'entrée laissées ouvertes, éclairage en panne, personnes qui dorment dans les cages d'escalier : des rondes de nuit à heures variables permettent de constater, de refermer, de signaler et de dissuader. L'intérêt pour la régie, c'est surtout le rapport : date, heure, points contrôlés, anomalies, photos. Sans rapport exploitable, une ronde ne prouve rien. Notre article sur la preuve de passage des rondes détaille ce qu'il faut exiger.

Immeuble vide, en vente ou en travaux

Un bâtiment inoccupé attire les intrusions et l'occupation illicite. Des passages réguliers, la vérification des fermetures et un signalement immédiat à la régie et à la police réduisent le risque et raccourcissent le délai de réaction. Nous y revenons plus bas.

Nuisances et incivilités

Rassemblements bruyants dans le hall ou le parking, déchets, tags, dégradations : une présence visible à certaines heures a un effet dissuasif, et les rapports aident la régie à documenter la situation. L'agent n'est toutefois pas là pour « faire la police » : face à une infraction ou à une situation qui dégénère, il appelle la police.

Parkings et garages souterrains

Effractions de véhicules, personnes qui s'introduisent derrière une voiture, boxes ouverts : les parkings se prêtent bien à des rondes ciblées et à la levée de doute après une alarme. Précisez dans votre demande les niveaux, les accès et les horaires sensibles.

Agent privé ou police : qui fait quoi ?

Un agent de sécurité privé n'est pas un policier. Il agit sur la base du mandat confié par le propriétaire, la régie ou la PPE, et les règles qui l'encadrent sont strictes.

Ce que disent les textes
RègleCe que cela signifieSource
Recours à la force Limité à la légitime défense et à l'état de nécessité. Concordat CES, art. 15
Pas de fonction officielle Cartes de visite et publicité ne doivent pas laisser croire à une fonction officielle ; uniformes et véhicules doivent se distinguer de ceux de la police. Concordat CES, art. 18 et 19
Relations avec la police Ne pas entraver l'action de la police, lui prêter assistance et dénoncer sans délai les crimes et délits poursuivis d'office. Concordat CES, art. 16 et 17
Arrestation par un particulier Seulement si la police ne peut intervenir à temps, en cas de flagrant délit de crime ou de délit (ou juste après), avec une force limitée, et la personne est remise à la police dès que possible. Code de procédure pénale, art. 218
Schéma : l'agent mandaté par la régie peut surveiller et faire des rondes sur le bien confié, contrôler les accès, observer, rapporter et alerter la police, et arrêter provisoirement une personne en flagrant délit si la police ne peut venir à temps (art. 218 CPP). Il ne peut pas se présenter comme un policier, user de la force hors légitime défense ou état de nécessité, ni accepter une mission contraire à la loi (concordat CES).
Ce que l'agent mandaté peut faire, et ce qui reste à la police. Résumé simplifié des textes cités.

En pratique, le bon réflexe d'un agent face à une infraction est d'observer, de sécuriser ce qui peut l'être et d'appeler la police. L'arrestation par un particulier reste une exception encadrée, pas une méthode de travail.

Immeuble vide et squats : ce qui a changé en 2026

Le droit fédéral a été modifié pour mieux protéger les possesseurs d'immeubles occupés illicitement. Selon le Conseil fédéral, les modifications du Code civil et du Code de procédure civile sont entrées en vigueur le 1er juillet 2026 :

  • Le délai pour reprendre possession court désormais dès que le possesseur a connaissance de l'occupation, et non plus dès son début. Il doit agir dans un délai raisonnable, et seulement s'il n'a pas pu obtenir à temps l'intervention des autorités.
  • Une nouvelle injonction judiciaire peut viser un cercle indéterminé de personnes, c'est-à-dire des occupants qu'on ne peut pas encore identifier. Une fois prononcée, elle peut être exécutée directement.

Pour une régie, la conséquence est simple : plus l'occupation est découverte tôt, mieux c'est. C'est là qu'une société de sécurité est utile, en prévention et en détection : passages réguliers, contrôle des fermetures, rapport immédiat. La décision de faire évacuer appartient au propriétaire et à la régie, avec la police et, si besoin, le juge. Un agent privé ne se substitue pas à cette procédure, et le recours à la force reste limité par le concordat.

Caméras et protection des données

Beaucoup de régies envisagent des caméras dans le hall ou le parking, en complément des rondes. Filmer des personnes identifiables, c'est traiter des données personnelles : la loi sur la protection des données s'applique. Le Préposé fédéral à la protection des données (PFPDT) rappelle notamment que :

Les principes rappelés par le PFPDT

  • l'atteinte à la sphère privée doit rester raisonnable par rapport au but, et des mesures moins intrusives (alarme, serrures renforcées) sont à privilégier ;
  • la surveillance doit être clairement reconnaissable, par exemple avec un panneau d'information visible ;
  • le champ filmé se limite à la propriété : ni les biens-fonds voisins ni l'espace public, comme le trottoir ;
  • les images ne sont conservées que le temps nécessaire, et l'accès est limité à aussi peu de personnes que possible.

En copropriété, la question se règle aussi selon le règlement et les décisions de la communauté des copropriétaires. En cas de doute, faites valider le projet par un spécialiste avant l'installation.

Vérifier que l'entreprise est autorisée

Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel et le Jura appliquent le Concordat sur les entreprises de sécurité (CES). Il exige une autorisation préalable pour exploiter une entreprise de sécurité et pour exercer comme agent. Le responsable doit notamment avoir réussi un examen, et l'entreprise doit être assurée en responsabilité civile à hauteur d'au moins 5 millions de francs. Les agents qui travaillent hors des locaux de l'entreprise portent une carte de légitimation délivrée par l'autorité et doivent la présenter sur demande.

À demander avant de signer :

  • l'autorisation d'exploiter délivrée par le canton ;
  • le numéro IDE de l'entreprise ;
  • l'attestation d'assurance responsabilité civile ;
  • la manière dont les agents seront identifiés sur place (carte de légitimation, tenue).

Comment comparer les offres de sécurité pour un immeuble

Décrire un seul et même besoin

Une comparaison n'a de sens que si toutes les entreprises répondent au même cahier des charges. Pour un immeuble, précisez :

  1. l'adresse, le type de bâtiment et les zones à couvrir (entrées, caves, garage, extérieurs) ;
  2. le problème constaté et depuis quand ;
  3. la fréquence et les plages horaires souhaitées (par exemple deux passages par nuit, week-ends compris) ;
  4. la durée du mandat (ponctuel, quelques semaines, contrat régulier) ;
  5. les accès disponibles (badges, clés, codes) et la personne de contact à la régie ;
  6. le rapport attendu : format, délai, destinataires.

Lire les offres ligne par ligne

Grille de comparaison
PointCe qu'il faut vérifier
PrestationNombre de passages, durée de chaque passage, zones couvertes.
PrixPrix par passage ou par heure, majorations de nuit, du dimanche et des jours fériés, TVA.
InterventionsLevée de doute sur alarme : incluse ou facturée en plus, délai annoncé.
RapportsRapport après chaque ronde ou périodique, preuve de passage, photos.
Clés et accèsQui garde les clés et badges, et comment ils sont protégés.
ContratDurée, préavis de résiliation, conditions d'annulation.

Les pièges à éviter

  • Un besoin flou. « Quelques rondes » donnera des offres impossibles à comparer.
  • Les rondes sans rapport. Sans trace datée, la régie ne peut ni vérifier ni rendre compte aux propriétaires.
  • Le prix trop bas. Il peut cacher une entreprise qui ne respecte pas ses obligations. Un prix horaire doit couvrir le salaire minimum de la branche, les charges et l'encadrement.
  • L'entreprise non autorisée. Demandez l'autorisation cantonale avant de confier les clés. Voir aussi : choisir une société de sécurité à Genève.
  • Une seule offre. Sans point de comparaison, impossible de savoir si le prix et la prestation sont justes.

Recevoir plusieurs offres sans y passer des heures

C'est précisément le rôle de ShieldOne Services. La régie ou le comité de PPE décrit son besoin une seule fois. Nous relisons la demande, puis nous la transmettons à des entreprises de sécurité validées par notre équipe. Vous comparez ensuite les offres reçues, chacune avec son prix, avant de choisir.

  • C'est gratuit et sans engagement pour la régie ou la copropriété.
  • Vous restez anonyme jusqu'à ce que vous choisissiez une offre : vos coordonnées ne sont pas transmises aux entreprises avant.
  • Vous voyez qui vous répond : chaque entreprise est identifiable dès son offre.
  • Nous ne prélevons aucune commission aux entreprises : le prix affiché est celui de l'entreprise.

Un immeuble à sécuriser ? Comparez plusieurs offres.

Décrivez votre besoin une seule fois : nous relisons votre demande, puis des entreprises de sécurité validées par notre équipe vous répondent, chacune avec son prix.

  • Gratuit et sans engagement
  • Anonyme jusqu'à votre choix
  • Aucune commission prélevée aux entreprises

En cas de danger immédiat, appelez la police au 117 : ShieldOne ne traite pas les urgences.

Questions fréquentes

Un agent de sécurité privé a-t-il des pouvoirs de police ?

Non. Il agit sur mandat du propriétaire ou de la régie. Le concordat sur les entreprises de sécurité limite le recours à la force à la légitime défense et à l'état de nécessité, et interdit de laisser croire à une fonction officielle. Comme tout particulier, il peut arrêter provisoirement une personne surprise en flagrant délit de crime ou de délit, seulement si la police ne peut pas intervenir à temps, et doit la remettre à la police dès que possible (art. 218 CPP).

Un agent de sécurité peut-il expulser des squatteurs ?

Ce n'est pas son rôle. Depuis le 1er juillet 2026, le droit fédéral a renforcé les moyens du possesseur d'un immeuble occupé illicitement, notamment avec une injonction judiciaire possible contre des personnes non identifiées. La démarche passe par la police et, si nécessaire, par le juge. Une société de sécurité est surtout utile en prévention : passages réguliers, contrôle des accès, signalement rapide.

Une PPE peut-elle installer des caméras dans le parking ?

Une vidéosurveillance qui filme des personnes identifiables doit respecter la loi sur la protection des données. Selon le Préposé fédéral (PFPDT), elle doit être proportionnée, clairement signalée, limitée à la propriété (pas le trottoir ni les voisins) et les images ne doivent être conservées que le temps nécessaire. En copropriété, la décision relève aussi des règles internes de la PPE.

Comment vérifier qu'une société de sécurité est autorisée ?

Demandez son autorisation d'exploiter délivrée par le canton en application du concordat CES, son numéro IDE et son attestation d'assurance responsabilité civile (au moins 5 millions de francs selon le concordat). Les agents doivent porter une carte de légitimation délivrée par l'autorité. Sur ShieldOne Services, chaque entreprise est en outre validée par notre équipe avant d'accéder aux demandes.

Est-ce que ShieldOne Services coûte quelque chose à la régie ?

Non. Déposer une demande et comparer les offres est gratuit et sans engagement. La régie reste anonyme jusqu'à ce qu'elle choisisse une offre, et ShieldOne ne prélève aucune commission aux entreprises : le prix affiché est celui de l'entreprise.

Sources (5)
  1. Concordat sur les entreprises de sécurité (CES), RSG I 2 14 (art. 4, 7 à 9, 15 à 19) : silgeneve.ch
  2. Code de procédure pénale suisse (CPP), art. 218 « Arrestation par des particuliers » : Fedlex (RS 312.0)
  3. Conseil fédéral, « Occupations illicites : améliorations pour les possesseurs d'immeubles à compter de juillet 2026 », 14.01.2026 : admin.ch
  4. Office fédéral de la justice, « Protection contre les atteintes à la possession d'un immeuble » : bj.admin.ch
  5. PFPDT, « Vidéosurveillance effectuée par des particuliers » : edoeb.admin.ch

Article d'information générale, à jour au 04.11.2026 ; il ne remplace pas un conseil juridique. ShieldOne n'est pas une société de sécurité : nous transmettons votre demande à des entreprises validées par notre équipe.